日本フランス語フランス文学会
 
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2009/03/20

2008年度秋季大会 ワークショップ4

| by WEB担当
Pourquoi enseigner le cinéma?

パネリスト Olivier Ammour Mayeur(立教大学、コーディネーター)、François Bizet(青山学院大学)、森田秀二(山梨大学)、小川美登里(筑波大学

 Le projet qui a rassemblé les quatre intervenants était une volonté commune de mettre en évidence que le cinéma n’est pas seulement un support dans un cours de langue, mais qu’il permet toujours d’entrer de plain-pied dans la culture et dans la littérature. Qu’il s’agisse de montrer les liens entre littérature et adaptations cinématographiques, ou encore les liens théoriques qui existent entre les pratiques narratives que mettent en place la littérature et le cinéma, dont beaucoup de notions critiques sont communes, chaque croisement entre ces deux disciplines indique des points convergents qu’il faut exploiter au maximum afin de montrer aux étudiants que savoir lire l’un (le cinéma) c’est savoir lire l’autre (la littérature). En d’autres termes, l’un des enjeux de ces interactions, c’est de rappeler que les notions qui nous permettent de comprendre un texte sont les mêmes qui nous permettent d’entrer dans une image, et plus particulièrement dans des images mobiles qui racontent des histoires.

 Comment faire pour aider nos étudiants à entrer dans un univers que les médias essaient de leur présenter comme un simple divertissement ? Comment amener les étudiants à une réflexion construite sur les images cinématographiques qui puisse, par la suite, les aider à se former un esprit critique sur les images qu’on leur propose ? Ce sont ces pistes que les panélistes ont voulu explorer pendant l’atelier.

 D’abord, Morita Shuji, à partir d’une trajectoire historique comparée de l’enseignement du cinéma au Japon et en France, a expliqué pourquoi et comment il utilise Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy dans ses classes de langue. Pour M. Morita « Les Parapluies de Cherbourg est un matériel didactique idéal et irremplaçable, avec son récit à la fois simple et original, son français standard parfois vieillot (ce qui ajoute d’ailleurs un certain charme) et surtout son rythme relativement régulier appuyé par la musique de Michel Legrand […] ».

 Ogawa Midori a ensuite expliqué son propre parcours dans des classes de culture pour non spécialistes, en s’appuyant sur une analyse comparée du Procès (roman de Franz Kafka et film d’Orson Welles), expérience qui a donné des clés essentielles pour enseigner à des non-natifs. Elle a notamment pointé que « d’une certaine manière, avec la naissance du cinéma, le roman lui a cédé le rôle de décrire les gens, leur quotidien, ce que Langlois appelle “prépondérant de la vie”, puisque le cinéma les exprime mille fois mieux, en les replaçant dans une temporalité réelle, c’est-à-dire en mouvement ».

 François Bizet a pris le relais afin de remettre en perspective les points de convergences entre littérature et cinéma, abordés par Mme Ogawa, et montrer comment ce dernier nourrit fondamentalement l’enseignement de la première. Il a notamment rappelé que « le détour par la rhétorique filmique n’est pas une complication, au contraire, c’est le plus souvent une prise d’élan et un raccourci. Je crois que cela vient d’abord de ce que “l’image-mouvement” (Deleuze) possède une qualité de présence qui allège l’accès au jeu et au sens des formes. Je ne dis pas qu’elle les rend immédiats: il faut encore analyser l’image et lui faire dire ce qu’elle ne fait que montrer, mais il me semble que les étudiants sont moins inhibés devant le défilement des images que devant une page hermétiquement figée ».

 Pour conclure, Olivier Ammour-Mayeur a pris la parole succinctement pour donner quelques exemples de sa pratique avant d’ouvrir le débat.

 Ainsi, de la classe de langue où le film est un support un peu plus ludique que la méthode de langue traditionnelle, en passant par la classe de culture, où le film devient le support d’un autre regard sur la culture étudiée, et sur le monde en général, ou encore dans celle de littérature, où le film permet de nouer ensemble des théories esthétiques et des techniques narratives afin de donner sens à l’œuvre cinématographique, chacune des étapes demande des modalités spécifiques d’approche du support, en fonction du niveau des étudiants.

 En classe de langue, l’un des exercices possibles (donner son opinion sur le film) doit permettre aux étudiants de mobiliser les connaissances acquises (grammaire, vocabulaire, conjugaisons…), dans le contexte d’une méthode, tout en les réagençant selon une perspective plus personnelle et qu’ils se rendent compte qu’un avis doit se motiver et que pour y parvenir, l’utilisation de la langue nécessite une organisation. Non seulement dans la phrase, mais aussi dans l’articulation de chaque phrase avec les autres, afin d’atteindre l’objectif d’exprimer ses idées. Selon le niveau de la classe (1ère, 2ème ou 3ème année), soit l’enseignant laisse les étudiants libres, soit il donne des directives plus précises, afin qu’ils se sentent en sécurité. Car, pour beaucoup, c’est souvent la première fois qu’on leur demande de donner leur opinion (ce dans une langue étrangère).
16:05 | WS